Suivez-nous sur Facebook!
Ma liste de souhaits   

Face à face avec le roi de nos forêts

Mis à jour le 12 mars 2019

Texte : Stéphan Deschênes, Photo: (c) Gregory Rohart

Rencontrer un orignal fut une grande découverte dans ma vie... Et ce souvenir gravé dans ma mémoire reste encore aujourd'hui impérissable.

 

Il faisait chaud, trés chaud même. Après m'être baigné dans un lac du parc national du Mont-Tremblant, je me dirigeais vers mon emplacement de camping. Deux hommes s’approchent alors de moi et me mentionnent qu’un orignal vient d’entrer dans la forêt derrière ma tente. Je décide alors de les suivre.

Nu-pieds et vêtu seulement de mon maillot de bain, je m’enfonce dans les bois avec eux. J’étais nerveux. Nous marchions très lentement, en essayant de ne faire aucun bruit. J’évitais les branches mortes au sol car je ne voulais pas qu’elles craquent sous mon poids et fassent fuir le premier orignal de ma vie.

Je tournais rapidement la tête de gauche à droite à la recherche d’un signe de sa présence. Rien. Tout ce que je voyais devant moi c’étaient des arbres et encore des arbres à perte de vue. Je poursuis lentement mon chemin puis j’arrête brusquement. Je fais quelques pas vers l’arrière et regarde à nouveau. Il est là! Droit devant. À moins de cinq mètres devant moi, se tient un orignal, le plus gros mammifère terrestre de l’Amérique du Nord. C’est un gros mâle muni d’un panache.

L’un des deux hommes devant moi me dit de ne pas bouger et que l’orignal ne me fera rien. J’obéis. Je ne peux cependant m’empêcher de fixer l’orignal dans les yeux. Malgré sa taille imposante, la couleur sombre de sa fourrure se confond à merveille avec la végétation environnante. Après quelques instants, l’orignal se retourne et s’éloigne de nous comme si de rien n’était. Quelques secondes plus tard, on ne l’entendait déjà plus.

Je ne saurais dire pendant combien de temps nous sommes restés là à nous fixer dans les yeux. Dix secondes? Trente secondes? Aucune idée. Par contre, ce que je sais, c’est que trente-cinq ans après cette rencontre, je m’en souviens encore comme si c’était hier.

Je souhaite à tous d’avoir la chance de vivre des expériences semblables. Cependant, il faut être conscient qu’il est loin d’être facile d’observer un orignal en nature. Cependant, les quelques informations qui suivent devraient augmenter vos chances de pouvoir en observer un. Je vous le souhaite.

Où et quand observer un orignal?

Communément appelé “élan” en Europe, l’orignal est plutôt solitaire sauf à l’automne et en hiver. Il fréquente surtout les forêts composées majoritairement de sapins et de bouleaux situées à proximité d’un lac ou d’une rivière.

Lors des chaleurs estivales, l’orignal peut passer plusieurs heures dans l’eau afin de se nourrir de plantes aquatiques et fuir les insectes piqueurs qui l’assaillent. Cherchez-le surtout à l’aube et au crépuscule. Une promenade en canot, en kayak de mer ou en planche à pagaie vous permettra de découvrir des secteurs inaccessibles aux randonneurs et, si vous êtes chanceux, peut-être aurez-vous la chance d’en observer un. Au pire, si vous ne voyez pas d’orignal, vous aurez sûrement la chance d’observer d’autres espèces.

Les régions suivantes sont  propices à l’observation de l’orignal (Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Capitale-Nationale, Charlevoix, Gaspésie, Lanaudière, Laurentides, Mauricie et Saguenay-Lac-Saint-Jean). Point à noter, l’orignal est particulièrement abondant dans les régions de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, surtout au parc national de la Gaspésie ou dans la réserve faunique de Matane.

Quoi faire lors d’une rencontre avec un orignal?

L’orignal est un énorme animal qui dépasse en taille la plupart des chevaux. Il est donc important de savoir quoi faire et surtout quoi ne pas faire si vous en rencontrez un sur votre chemin.

  1. Ne suivez jamais un orignal, surtout si vous êtes accompagné de votre chien. L’orignal a un excellent odorat et la présence d’un chien à vos côtés lui rappellera l’odeur de son principal prédateur, le loup. Il risque alors de devenir plus agressif.
  2. Ne nourrissez jamais un orignal. Vous ne feriez que lui nuire en le rendant dépendant des humains et en augmentant les risques de collision avec les automobiles.
  3. N’encerclez jamais un orignal. Laissez-lui toujours la possibilité de fuir quand il le voudra.
  4. Ne vous approchez jamais d’un jeune orignal. En voulant protéger ses petits la mère risque de devenir agressive.
  5. Dans les secteurs où les orignaux sont présents, il est fortement recommandé de réduire sa vitesse lorsque vous êtes en automobile, surtout au lever et au coucher du soleil.

 

Que vous soyez à pied, en canot, en kayak de mer ou en planche à pagaie, il vous est possible d’observer l’orignal dans son habitat. Je vous suggère d’amener une paire de jumelles, votre appareil-photo et votre patience, beaucoup de patience même car il vous en faudra.

Bonnes observations!